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AltImpact : écoblanchiment, injonctions contradictoires et intérêts cachés

Altimpact

Depuis quelques années, les campagnes pour une « sobriété numérique » se multiplient, portées par des organismes comme AltImpact, soutenu par l’ADEME, le CNRS et l’INRIA. Leur message est clair : la sobriété numérique est une nécessité. Chez KOVREM, nous en sommes convaincus. Il est temps de décrypter les limites, les contradictions et les arrière-pensées d’un discours qui, sous couvert d’écologie, risque de décourager plus qu’il n’éduque. Le point de vue de KOVREM !

La sobriété numérique, un concept détourné ?

La sobriété numérique est une nécessité. Personne ne peut le nier. Le secteur du numérique représenterait aujourd’hui près de 10 % de la consommation électrique en France, une part en constante augmentation. Les impacts environnementaux de la fabrication des appareils, de l’extraction des minerais rares et de la gestion des déchets électroniques sont documentés, alarmants et exigent une réponse collective. Pourtant, lorsque des organismes comme AltImpact, porté par l’ADEME, le CNRS et l’INRIA, s’emparent du sujet, le résultat est souvent une communication simpliste, culpabilisante et parfois trompeuse. Sous couvert d’écologie, on assiste à un mélange de PC bashing facile, d’injonctions contradictoires et d’une forme d’écoblanchiment qui dessert la cause qu’il prétend défendre. Pire, cette approche sert des intérêts qui dépassent largement la simple préservation de la planète. Il est temps de décrypter les limites, les paradoxes et les arrière-pensées d’une campagne qui, malgré ses bonnes intentions, peine à proposer une vision équilibrée, pédagogique et réaliste.

Le PC bashing : une facilité qui masque l’incompétence

AltImpact et d’autres acteurs de la sobriété numérique aiment à répéter qu’il ne faut pas « un PC de l’espace » pour lire ses mails. Cette affirmation, aussi évidente que creuse, révèle une méconnaissance du marché et des réalités socio-économiques. Depuis des années, les ventes de PC déclinent, non pas parce que les consommateurs sont soudainement devenus raisonnables, mais parce que l’offre est médiocre. Les appareils proposés sur le marché grand public sont souvent équipés de composants obsolètes (composants de génération N-1 à N-4), avec des systèmes d’exploitation alourdis par des couches logicielles inutiles et une durée de vie artificiellement limitée par l’absence de mises à jour. Les prix, eux, restent prohibitifs pour une majorité d’utilisateurs, contraints d’acheter du matériel d’entrée de gamme qui deviendra rapidement inutilisable. KOVREM est malheureusement bien placé pour faire ce constat, car nous scrutons en permanence le marché pour nos clients...

Plutôt que de s’attaquer aux véritables responsables, les fabricants qui pratiquent l’obsolescence programmée, les éditeurs de logiciels qui imposent des configurations toujours plus gourmandes, ou les États qui laissent faire, AltImpact préfère s’en prendre aux consommateurs. « Votre PC est trop puissant », « Vous n’avez pas besoin d’un écran 4K », « Supprimez vos pièces jointes ». Ces recommandations, présentées comme des vérités absolues, ignorent superbement le fait que les utilisateurs n’ont souvent pas le choix. Quand un ordinateur devient trop lent pour exécuter les logiciels indispensables à leur travail ou à leurs études, que font-ils ? Ils achètent un nouvel appareil, avec l’empreinte écologique que cela implique. Et cela arrive souvent, car l’offre est pourrie et les consommateurs mal conseillés (ils ne connaissent pas KOVREM !). La sobriété numérique ne peut se résumer à une série d’injonctions moralisatrices. Elle exige une remise en cause des modèles économiques qui rendent les appareils jetables et les alternatives inexistantes.

Et puis, cette obsession du « PC de l’espace » est un leurre. Depuis longtemps, les smartphones et les tablettes ont remplacé les ordinateurs pour des usages basiques, comme la consultation des mails ou les réseaux sociaux. AltImpact ne connaît apparemment pas cette réalité qui date déjà de plus d’une décennie. Bon, OK, admettons qu’ils savent. En promouvant ces appareils (smartphone et tablette) comme des solutions miracles, ils omettent de mentionner un détail crucial : les smartphones et les tablettes sont des outils de captation de données bien plus efficaces que les PC. Entre les systèmes d’exploitation verrouillés (iOS ou Android), les applications truffées de traqueurs et les écosystèmes fermés, les utilisateurs échangent une dépendance contre une autre. Remplacer un PC par un smartphone, c’est troquer une très relative liberté contre l’enfermement dans les jardins clos d’Apple ou de Google. La sobriété numérique ne doit pas rimer avec soumission aux Big Tech.

La culpabilisation, une méthode contre-productive

Le ton employé par AltImpact et ses relais est souvent culpabilisant. « Saviez-vous que votre téléphone pèse l’équivalent de 80 kg de matières premières ? », « Votre boîte mail est une bombe à CO2 ». Ces chiffres chocs, bien que vrais, sont brandis comme des massues pour faire porter la responsabilité du désastre écologique sur les épaules des individus. Pourtant, la vraie question n’est pas de savoir si Monsieur Tout-le-Monde trie ses photos ou regarde ses séries en UHD, mais pourquoi les pouvoirs publics et les industriels ne prennent pas leurs responsabilités.

Prenons l’exemple des doublons de photos. AltImpact recommande de les supprimer pour libérer de l’espace et réduire l’empreinte carbone. Une suggestion en apparence anodine, mais qui ignore deux réalités :

  1. La complexité technique : la plupart des utilisateurs ne savent pas identifier un doublon, encore moins le supprimer sans risque. Sans outil adapté et sans formation, cette injonction se transforme en une source d’angoisse (« Et si je supprime un souvenir important ? ») ou en une opération vouée à l’échec. Là encore, c’est notre vécu sur le terrain qui parle parce qu’on accompagne nos clients.
  2. L’absence de solutions systémiques : plutôt que de demander aux individus de gérer manuellement leurs données, pourquoi ne pas exiger des fabricants qu’ils intègrent des outils de déduplication automatisés et sécurisés ? Pourquoi ne pas imposer aux plateformes cloud (Google Photos, iCloud) de proposer des fonctionnalités de nettoyage intelligentes, transparentes et respectueuses de la vie privée ? Trop complexe ? La culpabilisation des utilisateurs est bien plus simple et personne ne mettra des millions d’euros en lobbying et avocats pour stopper le processus.

La culpabilisation est un piège. Elle donne l’illusion d’agir tout en détournant l’attention des vrais leviers : la régulation des géants du numérique, l’écoconception des appareils, la réparabilité, le recyclage. En focalisant sur les gestes individuels, on occulte les changements structurels indispensables. Et surtout, on risque de décourager les citoyens, qui, face à l’ampleur des défis, pourraient finir par baisser les bras.

Les injonctions contradictoires : vivre en 2026 ou en 1980 ?

AltImpact et les pouvoirs publics nous exhortent à la sobriété, mais dans le même temps, ils encouragent des comportements qui la rendent impossible. Prenons quelques exemples :

  • Le streaming vidéo : on nous dit de privilégier la définition standard plutôt que la UHD (la 4K). Pourtant, les publicités pour les téléviseurs 8K et les écrans géants continuent de saturer l’espace médiatique. Est si on expliquait qu’il ne sert parfois à rien d’avoir un écran géant, de la 4K ou pire de 8K ? Non, la culpabilité, c’est tellement mieux comme solution !
  • Le télétravail : présenté comme une solution écologique par certains, il repose sur des outils numériques énergivores (visio-conférences, stockage cloud) et des connexions internet toujours plus rapides. Sans parler de l’isolement social et des inégalités d’accès à un logement adapté.
  • Les services publics dématérialisés : les administrations ferment leurs guichets physiques au nom de l’efficacité, mais obligent les citoyens à utiliser des plateformes en ligne souvent mal conçues, gourmandes en ressources et peu accessibles aux personnes âgées ou précaires.

Emmanuel Macron déclarait en 2018 : « Je ne veux pas d’un monde amish. » Pourtant, c’est bien vers ce monde que nous poussent les apôtres de la sobriété numérique. On nous demande de renoncer aux avancées technologiques (la 4K, le cloud, les objets connectés) tout en continuant à consommer des services toujours plus voraces en données. « Faites des efforts, mais ne changez rien », semble être le message. Une schizophrénie qui révèle l’hypocrisie d’un système qui veut le beurre et l’argent du beurre : une croissance économique maintenue, mais avec une empreinte carbone réduite. Désolé, il faut changer de paradigme, oublier la croissance infinie et le capitalisme comme religion. Mention spéciale pour les technosolutionnistes qui veulent sauver le monde. Comme si la technologie pouvait se développer sans impact.

En 2026, nous ne vivons plus en 1980. Le numérique est partout : dans le travail, l’éducation, la santé, les loisirs. Prétendre qu’il suffit de se déconnecter ou couper la vidéo sur WhatsApp pour résoudre la crise écologique, c’est ignorer que le numérique est devenu une infrastructure essentielle. La vraie question n’est pas de savoir comment revenir en arrière, mais comment concevoir un numérique sobre, durable et accessible à tous. Et cela passe par des choix politiques forts (pression maximale sur les acteurs du numérique), pas par des campagnes de communication culpabilisantes. Parce qu’avec de telles méthodes, on va finir par croire que c’est les GAFAM qui dirigent le monde et pas les politiques. Oops. Reformulons. C’est le pouvoir économique qui dirige le monde. Point.

L’écologie, un cheval de Troie pour d’autres intérêts ?

Derrière le discours écologiste se cachent souvent des intérêts moins avouables. La transition écologique est une nécessité, mais elle est aussi un outil au service de stratégies géopolitiques et économiques.

  • Réduire la dépendance aux énergies fossiles : l’argument écologique est un moyen pour justifier une réduction de la dépendance aux pays producteurs de pétrole ou de gaz, parfois hostiles. La sobriété énergétique devient alors un moyen d’affaiblir des adversaires géopolitiques, bien plus qu’une fin en soi pour certains dirigeants. KOVREM regrette que cette dimension soit rarement assumée. On préfère parler de « sauver la planète » que d’indépendance énergétique.
  • Relancer la consommation « verte » : un autre paradoxe. La sobriété numérique est présentée comme une vertu, mais elle sert aussi à promouvoir de nouveaux marchés : les appareils « éco-conçus », les abonnements « responsables », les services cloud « verts ». Une économie de la pénurie se met en place, où les consommateurs sont incités à remplacer leurs anciens appareils par des modèles plus « durables »… mais tout aussi coûteux. La boucle est bouclée : on culpabilise pour mieux faire consommer (la croissance infinie).
  • Affaiblir les concurrents étrangers : la sobriété numérique est aussi un moyen de réduire la dépendance aux géants américains (Google, Apple, Microsoft...) ou chinois (Huawei, TikTok...). En encourageant les alternatives européennes, les pouvoirs publics font d’une pierre deux coups : ils répondent aux enjeux écologiques tout en protégeant (ou en tentant de protéger, plutôt) une industrie numérique locale atrophiée. Là encore, l’objectif est louable, mais il faut avoir le courage de l’assumer.

La sobriété numérique n’est pas neutre. Elle s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu, où les États-Unis de Trump (et probablement de ses successeurs) et la Chine se livrent une guerre économique sans merci. Dans ce jeu, l’Europe tente de trouver sa place, mais en utilisant l’écologie comme un alibi. Plutôt que de dire clairement « Nous voulons réduire notre dépendance aux GAFAM et aux Chinois », on préfère invoquer la planète. Une stratégie risquée, car elle discrédite les vraies motivations et donne l’impression d’une écologie à deux vitesses : une pour les citoyens, une pour les États et les entreprises.

Que faire à la place ? Pédagogie, régulation et alternatives concrètes

La sobriété numérique est indispensable, mais elle doit être repensée. KOVREM vous donne quelques pistes pour une approche plus honnête et efficace :

  • Éduquer sans culpabiliser : plutôt que de brandir des chiffres anxiogènes, expliquons les enjeux de manière claire et accessible. Montrons concrètement comment prolonger la durée de vie des appareils, comment choisir des logiciels légers, comment optimiser ses usages. La pédagogie doit primer sur la morale.
  • Exiger des industriels : imposer des normes strictes d’écoconception, de réparabilité et de recyclage. Obliger les fabricants à fournir des mises à jour logicielles plus longtemps. Sanctionner l’obsolescence programmée. Sans contrainte forte, rien ne changera.
  • Développer des alternatives : soutenir les logiciels libres, les systèmes d’exploitation légers, les appareils reconditionnés. Donner aux citoyens les moyens de sortir des écosystèmes fermés (et ne pas les jeter dedans comme le fait AltImpact).
  • Repenser les infrastructures : plutôt que de dématérialiser à tout prix, maintenons des services publics physiques accessibles. Plutôt que de promouvoir le tout-numérique, garantissons un droit à la déconnexion et à des outils low-tech.
  • Assumer les arbitrages : si la sobriété numérique implique des renoncements, disons-le clairement. Et si elle sert d’autres intérêts (géopolitiques, économiques), assumons-le. Les citoyens ne sont pas des enfants : ils méritent une information transparente.

Conclusion : la sobriété numérique, oui, mais pas n’importe comment

AltImpact et les campagnes similaires partent d’un constat juste : le numérique a un coût écologique insoutenable. Mais leur approche, entre PC bashing facile, culpabilisation et écoblanchiment, est contre-productive. Elle donne l’illusion d’agir tout en laissant intactes les structures (acteurs économiques) qui perpétuent le problème.

La sobriété numérique ne peut être une simple variable d’ajustement pour des intérêts économiques ou géopolitiques. Elle doit être un projet de société, porté par une pédagogie exigeante, une régulation forte et des alternatives concrètes. Sinon, elle risque de se réduire à une série de gestes individuels inefficaces, voire contre-productifs.

Le vrai défi n’est pas de faire culpabiliser les gens pour leurs mails ou leurs photos. C’est de construire un numérique qui soit à la fois performant, durable et émancipateur. Un numérique qui ne nous enferme pas dans les mains des GAFAM, qui ne nous renvoie pas à l’âge de pierre, et qui ne sert pas de paravent à des stratégies opaques. En 2026, nous méritons mieux que des injonctions contradictoires et des solutions de facilité. Nous méritons une écologie numérique ambitieuse, juste et honnête. Pas celle qu’on nous vend aujourd’hui.

Chez KOVREM, nous n’avons pas attendu les campagnes anxiogènes d’AltImpact pour agir. Depuis 2010, nous militons pour un environnement numérique sain, raisonnable et soutenable. Lorsqu’un client achète une prestation de conseil pour trouver un équipement informatique, nous abordons systématiquement l’aspect environnemental et le respect de la vie privée. Nous ne vendons pas de « PC de l’espace » (nous ne vendons même pas de PC pour garantir notre indépendance). Nous aidons nos clients à obtenir le meilleur tout en essayant de tenir compte des enjeux d’aujourd’hui. Si vous avez d’en savoir plus, découvrez nos services, écrivez-nous. Nous serons ravis d’échanger avec vous.